Conférence

 

 

organisée par l’ASSOCIATION LIMOUSIN-CHINE . renseignements : 05 55 70 12 17
participation aux frais 5€ . gratuit pour tous les étudiants.


MERCREDI 22 FEVRIER 2012 à 19 heures

                                                                                       

SALLE DES CONFERENCES – BFM DE LIMOGES

JEAN-PIERRE LEVET

Professeur à l’Université de Limoges – Professeur honoris causa à l’Université des Etudes Internationales de Xi’an

Les TOKHARIENS

un peuple de langue indo-européenne dans la Chine du premier millénaire de notre ère.

Découverte à l’extrême fin du XIX° siècle, la langue tokharienne, avec ses deux dialectes principaux, l’agnéen (appelé A) et le koutchéen (dit B), appartient à la grande famille indo-européenne, dont font notamment partie le latin et les langues romanes, donc le français et l’occitan, le balte, le slave, le germanique, le celtique, l’indo-iranien (le sanskrit et ses descendants, l’iranien), le grec.

Elle a été parlée en Chine au cours des premiers siècles de notre ère dans le Xinjiang, plus précisément dans le bassin du Tarim, principalement à Tourfan (A) et à Koutcha (B), d’après l’état actuel de nos connaissances, mais sans doute aussi dans le Gansu, voire encore plus loin vers l’Est et le Nord-est.

Elle s’est éteinte vers l’an mil, après nous avoir légué des éléments de littérature bouddhique, des textes scientifiques et techniques, des hymnes, des documents historiques, administratifs, économiques et juridiques et un poème lyrique dans lequel un Tokharien déclare son amour à l’élue de son cœur.

La civilisation tokharienne s’est développée le long de la route de la soie. L’un des grands traducteurs des textes bouddhiques (rédigés en sanskrit, en pâli et en tokharien) en chinois fut le fils d’une princesse tokharienne, Kumârajîva.

Par une présentation de la littérature des Tokhariens, on souhaite montrer l’importance de la place occupée par ce petit peuple dans l’histoire de la Chine et, à travers elle, de la civilisation de toute l’Asie extrême orientale, puisque c’est à partir du centre de traductions de Chang’an (Xi’an) que le bouddhisme s’est diffusé non seulement dans tout l’Empire du Milieu, mais aussi en Corée et au Japon.

Aujourd’hui peu connus, sauf des rares linguistes comparatistes que passionne l’aspect archaïque de leur langue, à laquelle on ne manquera pas de s’intéresser pour en rendre manifeste la lointaine parenté avec le français, les Tokhariens méritent d’être considérés comme d’authentiques passeurs de civilisation ayant mis en contact confucianisme, taoïsme, bouddhisme et christianisme au cœur même de la Chine.